Face à la hausse des coûts et à la pression sur les marges, le Synabio appelle les distributeurs à passer des paroles aux actes. À l'occasion du comité de suivi des négociations commerciales 2027, le syndicat propose un « pacte de confiance PME » pour mieux prendre en compte les coûts des entreprises bio et développer leurs débouchés.
Le Synabio veut éviter le « PME washing ». Derrière cette expression volontairement provocatrice, le syndicat pointe le décalage possible entre les déclarations de soutien aux petites et moyennes entreprises et la réalité des accords commerciaux.
Dans un communiqué publié le 2 novembre, à l'occasion du comité de suivi des négociations commerciales 2027, il propose donc un « pacte de confiance PME ». Son principe : partir d'une présomption de sincérité des hausses de coûts présentées par les entreprises, pour consacrer davantage de temps à ce qui peut réellement développer leur activité.
Car au-delà des tarifs, le Synabio veut remettre sur la table les volumes, les référencements et les mises en avant commerciales.
52 % des entreprises bio pourraient réduire leurs investissements
L'alerte repose notamment sur les résultats du dernier baromètre du Synabio. Parmi les entreprises interrogées, 85 % déclarent avoir subi une hausse de leurs coûts, mais 58 % n'ont pu en répercuter aucune partie.
Et les conséquences pourraient être lourdes : 52 % des répondants réduiraient leurs investissements si ces hausses n'étaient pas suffisamment prises en compte. Pour 27 %, c'est même la pérennité de l'entreprise qui serait en jeu.
La sécheresse pèse sur les récoltes et les approvisionnements agricoles, tandis que les coûts des emballages, du transport et de la logistique continuent de fragiliser les entreprises.
« Le soutien aux PME ne doit pas se limiter à un effet d’annonce. Nous attendons des actes pour éviter un “PME washing”. Notre proposition est constructive : partir d’une confiance sur les coûts pour développer les ventes et créer de la valeur ensemble, plutôt que laisser s’éroder les marges et l’investissement », souligne Thomas Breuzet, président du Synabio.
Des accords commerciaux qui doivent aussi développer les ventes
C'est le point particulièrement intéressant de cette proposition. Le Synabio souhaite que les négociations dépassent les seules discussions tarifaires pour intégrer de véritables engagements de développement commercial.
Maintien ou élargissement des assortiments, volumes, visibilité des produits : autant de sujets qui peuvent peser directement sur l'activité des fabricants bio.
Le syndicat salue d'ailleurs le calendrier différencié de négociation pour les PME, tout en rappelant que négocier plus tôt doit aussi permettre de négocier dans de meilleures conditions.
Il demande parallèlement aux pouvoirs publics un suivi renforcé des discussions, davantage de contrôles sur les pratiques commerciales et des indicateurs de coûts adaptés aux spécificités des filières bio.
L'objectif affiché reste de concilier accessibilité des produits, juste rémunération des entreprises et maintien de leur capacité à investir.
À l'occasion de ses 50 ans, le Synabio avait fixé un cap ambitieux : atteindre 12 % de bio dans l'alimentation des Français d'ici 2030. Avec ce pacte de confiance, il pose désormais une condition très concrète à cette croissance : des accords commerciaux capables de préserver les entreprises qui fabriquent les produits bio et de leur ouvrir davantage de débouchés.
Reste à voir quelle place ces engagements prendront réellement dans les accords conclus pour 2027...