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Pour ses 50 ans, le Synabio s’est fixé un objectif très visible : faire passer le bio de 5,8 % à 12 % du marché alimentaire français d’ici 2030. Derrière ce chiffre, sa feuille de route pose une question beaucoup plus immédiate pour les entreprises : où vendre davantage de bio ? Le syndicat veut remettre de l’offre dans les rayons et faire progresser sa présence partout où les Français mangent.

Un gâteau, 50 bougies et un cap plutôt ambitieux pour la suite. Réuni le 27 octobre à Paris pour son assemblée générale, le Synabio a profité de son anniversaire pour présenter sa nouvelle feuille de route : atteindre 12 % de parts de marché pour le bio en 2030, tous circuits confondus, puis 20 % en 2040. Le syndicat fédère aujourd’hui 204 entreprises représentant environ 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé.

Le chiffre de 12 % a naturellement retenu l’attention. Mais pour comprendre comment le Synabio compte y arriver, il faut regarder un peu plus près sa première proposition : faire progresser le bio partout où les Français s’alimentent.

Retrouver de la place après les déréférencements

Le constat posé par le Synabio est assez concret. Après plusieurs années difficiles, le marché repart, avec une hausse de la consommation bio de 3,6 % en volume en 2025 selon les données reprises par le syndicat. Mais les années de crise ont laissé des traces : déréférencements en grande distribution, place en rayon difficile à récupérer et débouchés perdus pour les filières.

Autrement dit, doubler la part du bio ne passera pas uniquement par le retour des consommateurs. Encore faut-il qu’ils trouvent effectivement des produits bio lorsqu’ils font leurs courses ou mangent hors domicile.

C’est tout le sens de la première demande portée par le Synabio auprès des candidats à la présidentielle de 2027, avec La Maison de la Bio : après l’instauration d’une obligation de transparence sur les achats bio de certains acteurs de la distribution et de la restauration, le syndicat veut désormais que cette visibilité s’accompagne d’une progression de l’offre.

Le sujet mérite d’être suivi de près. La loi d’urgence agricole du 18 août 2026 prévoit en effet un reporting annuel des achats durables et biologiques pour certains réseaux de distribution, acteurs de la restauration commerciale et entreprises agroalimentaires, avec une identification séparée de la part du bio à compter de 2030.

La quantité de bio proposée par les différents circuits pourrait donc devenir beaucoup plus visible qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Une croissance qui doit aussi redonner des moyens aux entreprises

Cette question des débouchés rejoint une autre préoccupation très présente lors de cette séquence anniversaire : la capacité des entreprises à investir.

Le Synabio décrit des transformateurs coincés entre la hausse de certains coûts agricoles et la pression exercée sur les prix. Dans son observatoire des négociations commerciales 2026, il indique que les revalorisations obtenues ont été inférieures à l’augmentation des coûts constatée.

Sa feuille de route lie donc assez directement trois sujets que les entreprises connaissent bien : le volume vendu, le prix auquel il est vendu et les moyens disponibles pour investir derrière.

L’accessibilité reste bien présente dans le discours, mais le Synabio refuse de la réduire au prix facial. Il défend une équation où prix en rayon, rémunération des producteurs et transformateurs et capacité d’investissement doivent avancer ensemble.

Pour une entreprise bio qui prépare ses développements des prochaines années, la question devient très opérationnelle : quels circuits peuvent réellement recréer du volume et avec quelles conditions économiques ?

Le bio veut reprendre de la place dans davantage de circuits

La feuille de route va d’ailleurs largement au-delà des seuls magasins bio spécialisés. Grande distribution, restauration commerciale, restauration collective : le Synabio cherche à augmenter la présence du bio dans tous les lieux de consommation.

Ce mouvement mérite l’attention du réseau spécialisé. Une progression du bio dans d’autres circuits peut recréer des volumes pour les fabricants et les filières, mais elle remet aussi sur la table la question de la différenciation de chaque circuit, de ses assortiments et de la valeur qu’il apporte aux marques.

À 50 ans, le Synabio affiche donc un objectif de croissance spectaculaire. Derrière les 12 %, le chantier est beaucoup plus terre à terre : retrouver des débouchés suffisamment nombreux et suffisamment solides pour permettre aux entreprises bio de recommencer à investir.

BOB était présent à Paris pour ces 50 ans, avec le conseil d’administration du Synabio et les entreprises réunies pour l’occasion. Nous avons aussi sorti les caméras : la vidéo tournée sur place arrive prochainement.

Source principale : Synabio, communiqué de presse du 27 octobre 2026, « Feuille de route 2030 : le Synabio vise 12 % de bio dans l’alimentation des Français et porte quatre propositions pour la présidentielle ».


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