Canicule, sécheresse, rendements en baisse : l’été a fortement bousculé le marché français des fruits et légumes. Les dernières données de FranceAgriMer montrent des tensions marquées sur la tomate, le concombre et la laitue, tandis que d’autres produits comme le raisin ou la prune évoluent dans une configuration beaucoup plus favorable à l’acheteur.
Tomate, concombre, laitue : les tensions se concentrent
En août, les fortes chaleurs et le manque d’eau ont pesé sur les cultures. FranceAgriMer fait état de rendements réduits, de calibres plus petits et parfois d’une qualité dégradée. La salade, la tomate, le concombre et la courgette figurent parmi les productions les plus touchées.
La tomate est l’un des cas les plus nets. En semaine 34, l’indicateur de marché suivi par le Réseau des nouvelles des marchés se situe 95 % au-dessus de sa référence des cinq dernières années pour les tomates hors petits fruits, et 39 % au-dessus pour les petits fruits.
La chute des volumes pendant les épisodes de fortes chaleurs explique une grande partie de cette tension. La maturation s’est accélérée, certains plants ont été endommagés et l’offre n’a pas suffi à couvrir les besoins de la distribution et des grossistes. Les volumes commencent à revenir, mais le marché reste tendu.
Même scénario pour le concombre. Son indicateur atteint +48 % par rapport à sa référence quinquennale en semaine 34. Les rendements ont été pénalisés par la chaleur et la sécheresse, et le second pic de production a été moins important qu’attendu. La situation commence néanmoins à se détendre avec le retour des volumes et une demande moins soutenue.
La laitue affiche elle aussi un niveau élevé, à +64 % par rapport à sa référence des cinq dernières années. FranceAgriMer décrit une offre nationale fortement déficitaire, conséquence du manque d’eau, des épisodes caniculaires et des restrictions d’irrigation. Des destructions au champ ont également été observées.
Raisin, prune, melon : des marchés beaucoup plus chargés
Tous les fruits et légumes ne suivent pourtant pas la même trajectoire. Le raisin arrive avec une dizaine de jours d’avance et les volumes progressent plus vite que la demande, ce qui entraîne des stocks et des baisses de prix chez certains opérateurs. La prune est elle aussi confrontée à une offre abondante dans plusieurs bassins et à une demande prudente. Quant à la pêche-nectarine, son marché s’est ralenti après les fortes chaleurs, avec des opérations promotionnelles destinées à écouler les volumes.
Le melon avait déjà illustré cette situation au début du mois d’août. Face à une offre trop importante par rapport à la demande, il avait été placé en situation de crise conjoncturelle du 31 juillet au 11 août. La baisse progressive des apports a ensuite permis au marché de retrouver davantage d’équilibre.
Les écarts entre produits sont donc considérables : manque d’offre et prix élevés d’un côté, volumes abondants et pression commerciale de l’autre. Une configuration qui contraste aussi avec celle observée à l’été 2025.
À la même période l’an dernier, FranceAgriMer décrivait d’abord un marché freiné par une météo fraîche et une consommation peu dynamique. Le retour du beau temps avait ensuite relancé les achats. La tomate et la courgette avaient vu leurs prix progresser, tandis que l’abondance de l’offre pesait sur le concombre.
La comparaison est particulièrement parlante pour ce dernier. En semaine 34 de 2025, son indicateur de marché se situait seulement 8 % au-dessus de sa référence quinquennale. Un an plus tard, l’écart atteint 48 %. La tomate était déjà chère l’année dernière, à +71 % pour les tomates hors petits fruits ; elle atteint cette année +95 %.
Jusqu’où ces tensions se retrouvent-elles en magasin ?
Ces chiffres ne correspondent toutefois pas aux prix affichés en magasin. Ils mesurent la situation du marché au stade expédition et ne permettent pas d’affirmer que les consommateurs ont subi des hausses équivalentes.
FranceAgriMer suit séparément les prix de détail dans un panel de 36 magasins spécialisés bio, en parallèle de 150 grandes et moyennes surfaces. Ces séries permettent de comparer les prix réellement observés en rayon et de mesurer jusqu’où les tensions de production et d’expédition se transmettent au consommateur.
C’est cette comparaison qui permettra de savoir si la flambée constatée sur certains marchés cet été se retrouve réellement dans le panier des clients des magasins bio.
Cours amont et prix en magasin : deux indicateurs différents
Les écarts de +95 % pour la tomate, +48 % pour le concombre ou +64 % pour la laitue comparent les cours au stade expédition avec leur référence des cinq dernières années.
Ils ne signifient pas que les prix en magasins bio ont augmenté dans les mêmes proportions.
Le RNM dispose d’une enquête spécifique sur les prix de détail pratiqués dans le réseau spécialisé bio. C’est cette série qu’il faut utiliser pour mesurer l’évolution réelle du prix payé par le consommateur.