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Après des années de débats sur les labels, les scores et les promesses environnementales, un nouvel outil pourrait changer la donne. Porté par le Collectif En Vérité, construit avec l'ADEME et validé par les pouvoirs publics, le futur affichage environnemental alimentaire ambitionne de comparer les produits sur des critères objectifs. Une évolution qui pourrait redistribuer les cartes au profit des marques bio les plus engagées.

Réunis en pleine canicule, symbole bien réel des défis climatiques auxquels l'alimentation est confrontée, les membres du Collectif En Vérité ont dévoilé à la presse les premières maquettes du futur affichage environnemental alimentaire. Parmi les entreprises pionnières engagées dans l'expérimentation figurent Panzani, Lobodis, Les Compagnons du Miel, Bjorg et Carrefour.

Pour David Garbous, président et cofondateur du Collectif En Vérité, l'objectif est simple : permettre aux marques de valoriser les efforts concrets qu'elles mettent en œuvre sur le terrain.

« Aujourd'hui, beaucoup d'entreprises investissent dans des pratiques agricoles plus vertueuses, dans l'origine des matières premières ou dans la préservation de la biodiversité. Ces efforts restent souvent invisibles pour le consommateur. »

Plus qu'un score, un coût environnemental

La première rupture est sémantique.

Contrairement à de nombreux dispositifs existants, le système ne repose pas sur une note ou une lettre mais sur un coût environnemental exprimé comme un prix caché de l'impact du produit. L'idée est de rendre visibles les externalités environnementales tout au long du cycle de vie d'un produit. Le dispositif s'appuie sur la méthodologie officielle développée par l'ADEME et validée par les pouvoirs publics. Les calculs sont réalisés par un tiers de confiance et reposent sur des données harmonisées.

Pour Vincent Colomb, coordinateur de l'affichage environnemental à l'ADEME, la France devient ainsi le premier pays à travailler sur un indicateur environnemental global capable d'aller au-delà du simple carbone.

Biodiversité : le sujet qui change tout pour la bio

Jusqu'à présent, la plupart des indicateurs environnementaux privilégiaient essentiellement les émissions de gaz à effet de serre. Une approche qui pouvait parfois pénaliser certaines démarches agricoles pourtant vertueuses pour les sols, l'eau ou la biodiversité.

Le futur affichage environnemental introduit de nouveaux critères liés au mode de production et à son impact sur les écosystèmes. Les pratiques agricoles deviennent alors visibles dans l'évaluation. Les premiers exemples présentés montrent des écarts importants selon les modes de production. Sur certains produits, l'agriculture biologique réduit fortement l'impact environnemental par rapport à des modèles plus intensifs. Pour la première fois, les démarches mises en œuvre dans les filières bio pourraient être intégrées directement dans l'évaluation environnementale d'un produit.

L'origine et les pratiques agricoles reviennent au centre du jeu

Autre évolution importante : le dispositif vise à mieux valoriser les conditions de production. L'origine, les pratiques agricoles et l'utilisation des ressources deviennent des critères de différenciation. Une logique qui intéresse particulièrement les marques bio françaises qui investissent depuis des années dans des filières locales, des partenariats de long terme avec les producteurs et des cahiers des charges exigeants. L'affichage environnemental pourrait ainsi devenir un nouvel outil de comparaison entre produits concurrents. 

Et cette comparaison ne se limiterait pas à l'alimentaire. L'ambition du projet est de construire à terme un référentiel transversal capable d'évaluer des catégories très différentes.

Trois informations demain sur les emballages ?

Pour les porteurs du projet, le paysage de l'information consommateur est en train d'évoluer. Demain, un acheteur pourrait retrouver simultanément sur un produit :

• son prix,
• son Nutri-Score,
• son coût environnemental.

Une perspective qui intéresse de nombreux distributeurs.

Carrefour - par la voix de David Swiderski, son directeur RSE - qui a déjà testé plusieurs dispositifs privés comme l'Eco-score ou le Planet-Score, considère que la méthodologie portée par l'ADEME pourrait devenir une référence commune pour le marché.

Une coalition qui cherche à s'élargir

Pour l'instant, seules des maquettes ont été dévoilées.

Entre juillet et décembre, les marques participantes vont tester le dispositif sur leurs produits et mesurer la compréhension des consommateurs, aussi bien en ligne qu'en conditions réelles d'achat.

Une notification officielle auprès de la Commission européenne est prévue en septembre.

Le dispositif est déjà techniquement opérationnel via la plateforme Ecobalyse développée par les pouvoirs publics.

L'appel est désormais lancé à l'ensemble des entreprises qui souhaitent rejoindre la démarche.

BOB LE DIT

Le sujet n'est pas de créer un label supplémentaire mais de rendre visibles des efforts que la bio réalise depuis des années sans toujours réussir à les faire reconnaître. Si le futur affichage environnemental tient sa promesse d'intégrer la biodiversité, les pratiques agricoles et l'origine des matières premières, les marques bio disposeront d'un avantage concurrentiel difficile à égaler.

 


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