La tribune publiée dans La Tribune par la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) et Biocoop met un sujet sur la table : la place de la bio dans les stratégies de la grande distribution.
Un appel à des engagements concrets, dans un moment où la consommation repart mais où l’amont reste sous tension.
Une filière dépendante des choix de référencement
Les auteurs rappellent un point structurant : la distribution ne se contente pas de vendre, elle organise l’offre.
Dans leurs prises de parole respectives sur LinkedIn, Gildas Bonnel (FNH) et Henri Godron (Biocoop) soulignent une évolution préoccupante : entre 7 % et 25 % des références bio ont été déréférencées en GMS ces dernières années.
Un signal fort pour la filière. Moins de présence en rayon, ce sont des débouchés fragilisés pour les producteurs et une moindre visibilité pour les marques.
Le bio comme levier stratégique
Gildas Bonnel rappelle que le bio ne relève pas d’un simple positionnement marketing. Il s’inscrit dans une logique plus large : transition agricole, santé et préservation des sols.
Dans ce cadre, les décisions de la distribution deviennent déterminantes. Sans engagement sur les volumes, la mise en avant et la construction de filières, les objectifs publics restent difficiles à atteindre.
Henri Godron insiste sur cette cohérence nécessaire. Les objectifs sont connus :
- doubler les surfaces agricoles bio
- atteindre 12 % de consommation bio d’ici 2030
Mais ces trajectoires supposent un alignement de toute la chaîne.
Des objectifs concrets pour la distribution
L’appel ne reste pas théorique. Il se traduit par des attentes précises vis-à-vis des enseignes :
- atteindre 8 % de références bio en rayon d’ici 2027, puis 12 % à horizon 2030
- renforcer la communication sur les bénéfices du bio
- garantir des débouchés stables pour les producteurs
L’enjeu est d’articuler accessibilité pour le consommateur et rémunération pour l’amont, sans fragiliser les filières.
Un impact direct pour les marques
Pour les marques bio, ces prises de position confirment une réalité terrain : la bataille se joue en rayon.
Référencement, visibilité, cohérence de l’offre deviennent des facteurs clés. Dans un marché où la concurrence du “naturel” s’intensifie, la structuration de la distribution influence directement la dynamique des ventes.
La capacité à construire des partenariats durables avec les enseignes devient un levier stratégique.
BOB LE DIT
La tribune et les prises de parole associées traduisent une attente claire de la filière.
La bio ne se développe pas uniquement par la demande. Elle repose sur des choix d’offre, de référencement et de valorisation.
Dans un marché en reprise, la question porte sur la capacité des distributeurs à stabiliser et développer les filières dans la durée. Les décisions prises aujourd’hui conditionnent directement l’équilibre économique de la bio.
Sources
Tribune : « L’appel de la FNH et Biocoop aux distributeurs », La Tribune
👉 https://www.latribune.fr/article/idees/1349986303976214/opinion-l-appel-de-la-fnh-et-biocoop-aux-distributeurs-l-heure-de-l-engagement-concret-pour-la-bio-a-sonne
Prises de parole :
Gildas Bonnel, LinkedIn, mars 2026
Henri Godron, LinkedIn, mars 2026