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Après plusieurs années marquées par l’inflation et les arbitrages budgétaires des ménages, les indicateurs de consommation du bio repartent à la hausse. Le 23ᵉ baromètre de l’Agence Bio, présenté lors du Salon International de l’Agriculture 2026, montre une reprise progressive des achats de produits biologiques en France.

Les produits bio retrouvent une place plus régulière dans les habitudes alimentaires des Français, même si le marché reste en phase de stabilisation après plusieurs années de recul.

Une consommation qui progresse à nouveau

Selon le baromètre, 59 % des Français déclarent consommer des produits bio au moins une fois par mois, contre 54 % en 2024. La consommation hebdomadaire progresse également, passant de 30 % à 35 %.

Cette progression concerne l’ensemble des catégories de population. L’âge, le niveau de revenu ou la catégorie socioprofessionnelle influencent moins fortement la consommation qu’auparavant.

Pour la filière, cette évolution marque un retour progressif des acheteurs après une période de contraction liée à l’inflation et à la hausse du coût de la vie.

Des consommateurs plus sélectifs

La reprise de la consommation s’accompagne d’une évolution des comportements d’achat. Les consommateurs arbitrent davantage leurs dépenses et privilégient certaines catégories de produits.

Les produits bruts ou peu transformés restent particulièrement légitimes pour le bio. Fruits et légumes, produits pour enfants, produits laitiers ou encore certaines filières locales continuent de bénéficier d’une image positive.

Dans ces segments, le bio reste associé à des bénéfices identifiés par les consommateurs : qualité nutritionnelle, réduction de l’exposition aux pesticides et impact environnemental plus favorable.

Pour les marques, la valeur perçue du produit devient un facteur déterminant dans l’acte d’achat.

Les circuits spécialisés restent un repère

Dans ce contexte, les magasins spécialisés bio conservent un rôle structurant. Ils restent identifiés par les consommateurs comme des lieux de conseil et d’expertise.

La pédagogie autour des filières, de l’origine des matières premières et des modes de production constitue un levier important pour accompagner la reprise de la consommation.

Pour les marques, la lisibilité de l’offre et la cohérence des gammes deviennent des éléments clés pour renforcer la confiance.

Une reprise dans un contexte agricole plus fragile

Cette reprise intervient alors que la production bio française a connu un ralentissement. Les surfaces agricoles bio ont reculé en 2023 et 2024, à rebours des objectifs de développement fixés par la politique agricole et environnementale française.

La reprise de la consommation pourrait donc créer, à moyen terme, des tensions sur certaines filières agricoles. Plusieurs segments sont déjà surveillés par les professionnels, notamment les œufs, les produits laitiers ou certaines viandes bio.

Le maintien et le développement de la production bio française restent ainsi un enjeu stratégique pour l’équilibre de la filière.

BOB LE DIT

Le baromètre montre que les consommateurs restent attachés aux produits bio, tout en devenant plus attentifs à la valeur concrète des produits qu’ils achètent.

Pour les marques et les distributeurs, l’enjeu consiste à rendre cette valeur lisible : origine des matières premières, qualité des ingrédients, cohérence des filières et bénéfices pour la santé et l’environnement.

Dans un marché plus exigeant, la pédagogie produit et la transparence deviennent des leviers essentiels pour accompagner la reprise.

 

Sources

Agence Bio, Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France 2026, présenté au Salon International de l’Agriculture, février 2026.


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